Conférence de l’OGP – Dublin, mai 2014

Quelques jours après la Conférence de Paris, et moins d’un mois après l’annonce du Président de la République de faire adhérer la France au Partenariat pour un Gouvernement ouvert (OGP), la France était invitée à la Conférence annuelle de l’OGP qui se tenait à Dublin, du 7 au 9 mai 2014. La représentation officielle était assurée par Etalab tandis que la société civile était représentée par République Citoyenne.

La France chaleureusement accueillie à l’OGP

L’accueil réservé à la France a été très chaleureux, comme en témoigne cette vidéo que nous avons réalisée, où se côtoient des représentants de la société civile et des gouvernements de différents états membres de l’OGP :

Plusieurs ministres étrangers avaient d’ailleurs salué la décision française de rejoindre le Partenariat pour un Gouvernement ouvert :

L’Europe et le Gouvernent ouvert…quelques jours avant les élections européennes

Une question était présente chez beaucoup de participants (notamment des citoyens allemands impatients que leur pays rejoignent l’OGP – cf. vidéo ci-dessus) :

Emily O’Reilly, Médiatrice européenne, a souligné l’opportunité historique de faire progresser la démocratie avec les principes du Gouvernement ouvert :

…dans un contexte où les politiques s’inquiètent du manque d’adhésion des citoyens pour leurs programmes…

O'Reilly Twitter

Les citoyens ont les plus grandes difficultés à faire confiance à des institutions européennes peu lisibles :

Carl Dolan, Transparency International

Retours d’expérience de la société civile

De nombreuses organisations de la société civile des pays membres de l’OGP étaient présentes pour cet événement : Access Info, Transparency International, Open Knowledge, OpenGovTN… Parmi les retours d’expérience intéressants des promoteurs de la démocratie au travers des principes de Gouvernement ouvert :

  1. Intérêt de disposer à la fois d’interlocuteurs pragmatiques qui discutent avec le gouvernement et de militants qui savent créer une pression constante de l’extérieur
  2. La société civile doit être à la fois un aiguillon, parfois désagréable ou agaçant, et un soutien de l’action publique
  3. On peut faire progresser la démocratie en s’amusant et c’est même recommandé.


    NB : la conférence elle-même se déroulait d’ailleurs au château de Dublin, dans un ambiance entre Game of Thrones et Kaamelot.
    game-of-thrones

  4. Toute organisation à besoin de financement… et tous les financeurs ont leur propre agenda. Il faut donc du discernement sur ce sujet, notamment vis-à-vis de la liberté de parole et d’action d’une organisation de la société civile à l’égard de ses financeurs, privés comme publics.
  5. La société civile peut entretenir une mémoire que va au-delà du temps court des cycles électoraux (5 ans, 7 ans…). Il y a par ailleurs un intérêt des organisations de la société civile à travailler avec les administrations (qui durent plus longtemps) et pas qu’avec les politiques.
  6. Les principes du Gouvernement ouvert ne consistent pas à réaliser une opération ponctuelle mais à instaurer un processus de dialogue. Celui-ci requiert un engagement sincère et réaliste des acteurs publics pour préserver la motivation des citoyens au fil du temps

  7. Le processus d’échange entre pairs est très important, d’où l’intérêt du Guide pour un Gouvernement ouvert, constamment remis à jour et traduit.
  8. Les principes du Gouvernement ouvert (et même le terme « Gouvernement ouvert ») doivent être adaptés aux spécificités de chaque pays et de chaque langue (comme nous en faisons nous-même l’expérience pour traduire en français l’Open Governement Guide). Au-delà, il est important que le fonctionnement des institutions puisse être décrit simplement, de manière accessible à tous et qu’en même temps, ces institutions puissent fonctionner avec le degré de sophistication (juridique ou technique) nécessaire. (La correspondance entre la perspective « humaine », la perspective « code informatique » et la perspective juridique (et sa déclinaison dans chaque juridiction), proposée par Creative Commons serait-elle une piste ?)

Open Data : utile que si l’on s’en sert

Comme cela avait été souligné à Paris par Rufus Pollock, d’Open Knowledge, publier un jeu de données en open data n’a pas d’intérêt en soi : ce qui lui donne de la valeur est ce qu’on peut en faire.

Quel rôle pour le secteur privé ?

Une session spécifique était organisée sur le rôle du secteur privé. Private sector Martin Tisné considère le sujet comme important à plusieurs titres :

Chris Taggart, fondateur d’OpenCorporates, y a notamment présenté les dépendances complexes qui peuvent exister entre entreprises multinationales, notamment à des fins d’évasion fiscale.

OpenCorporates

C’était aussi l’occasion pour les sponsors de faire passer leurs messages. A la mode cette année : « mettez vos données ouvertes (ou non), sur notre cloud… ».

Conclusion

Trois jours intenses d’échanges, de réflexion et de nouvelles amitiés… et beaucoup de discussions à reprendre à la prochaine édition.

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Images sous licence CC BY-SA 4.0 République Citoyenne.

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